Mi-figue mi-raisin
Les choses ne s'arrangent pas en début de saison 1963/1964 puisque les dirigeants rémois imposent une politique d'austérité. Fini les stars. Batteux est parti et Kopa, empêtré dans des affaires suite à des déclarations dans la presse, est suspendu pour six mois. Le Stade de Reims vit alors une saison noire qui s'achève sur une 17ème place synonyme de relégation en deuxième division. Seul point positif de cette année 1964, la victoire en Coupe Gambardella de l'équipe junior. Maigre consolation.
Pour la première fois depuis de nombreuses années, le Stade de Reims évolue donc en deuxième division avec à sa tête Robert Jonquet. L'effectif a largement été renouvelé et la remontée immédiate semble compliquée. Cela se vérifie d'ailleurs rapidement puisque le Stade navigue toute la saison dans le ventre mou du classement pour finalement terminer à la dixième place.
La saison 1965/1966 s'annonce sous de meilleures auspices puisqu'un recrutement de qualité est de nouveau opéré. Jonquet se dit même confiant et ses dires se vérifient sur le terrain. Les Rouge et Blanc dominent en effet le championnat malgré un démarrage chaotique. Le club est donc champion de France de D2 pour la première fois de son histoire et retrouve l'élite. La remontée assurée, Henri Germain décide alors de passer la main et quitte la présidence du Stade de Reims.
Malgré les ambitions des dirigeants rémois qui visent une place dans la première moitié de tableau, le retour des Stadistes en D1 s'avère délicat. Et une cascade de blessures conjuguée à une ambiance tendue au sein du groupe (Robert Jonquet sera même limogé avant la fin de la saison) plongent l'équipe dans les profondeurs du classement, position dont elle ne parviendra pas à s'extirper. A la fin du championnat, le Stade de Reims pointe à la 19ème place et replonge en D2 pour trois saisons. D'abord troisième et barragiste, Reims est devancé par Strasbourg pour l'accession en D1. Et après une peu glorieuse huitième place en 1969, année marquée par la dernière apparition de Kopa en rouge et blanc, le Stade rate les barrages de la saison d'après à cause de sa quatrième position au classement. Mais les instances du football français décident de repasser la première division de 18 à 20 clubs. Il faut donc repêcher une équipe et le choix doit se faire entre Reims et Ajaccio. La décision penche finalement en faveur des rémois qui réintègrent donc la D1 pour la saison 1970/1971. Et cette fois le Stade tient son rang. Certes ce n'est plus le Stade de Reims de la grande époque mais les Rouge et Blanc effectuent une bonne saison qu'ils achèvent à une satisfaisante neuvième place. Mais douze mois plus tard la chanson n'est plus du tout la même. Reims termine le championnat à une bien pâle 15ème place, déception à peine atténuée par une demi-finale de Coupe de France perdue contre Marseille.
Le Stade de Reims déçoit et il ne parvient pas à retrouver son lustre d'antan. Certes le club reste sans trop de difficultés dans la première partie du classement de D1 mais il avait tellement habitué à mieux.
Après une huitième place en 1973, la saison 1973/1974 est sensiblement identique puisque les rémois finissent sixième notamment grâce aux 30 buts de leur goaleador argentin Carlos Bianchi sacré meilleur buteur du championnat.
Malgré l'efficacité de son avant centre, le Stade de Reims reste toujours en retrait au classement. Onzième en 1975, les Rouge et Blanc réalisent une bonne saison 1975/1976 qui voit Bianchi ravir une seconde fois le titre de meilleur buteur, cette fois avec 34 réalisations. Reims se classe finalement cinquième, sa meilleure position depuis treize ans.
Le championnat 1976/1977 est plus compliqué et n'occasionne que des sueurs froides. Longtemps à une portée de fusil des équipes reléguables, le Stade redresse la barre en fin de parcours pour échouer à une flatteuse onzième place. Si Bianchi en profite pour empocher un troisième titre de meilleur buteur, c'est la Coupe de France qui vient éclaircir ce sombre tableau. Après avoir dominé Nice en demi finale, le Stade de Reims rejoint les Verts de Saint-Etienne au Parc des Princes pour une finale épique. Les rémois s'inclinent finalement 2 buts à 1 avec le désagréable sentiment d'avoir été floués par l'arbitrage.
La saison 1977/1978 marque le début d'une politique de promotion et de formation indispensable selon le président Bazelaire pour éviter de sombrer financièrement. C'est en fait le début de la fin... En effet "El Goaleador" Bianchi est parti au PSG et les stars se font rare dans la Cité des Sacres. Les premiers match de championnat ramènent rapidement les rémois à la dure réalité d'une équipe moyenne. Le Stade flirte avec la zone dangereuse et le maintien n'est assuré que lors des dernières journées notamment grâce à l'arrivée en attaque d'Albert Emon.
Malheureusement les choses se dégradent irrémédiablement la saison suivante. En plus des difficultés sportives, le club est aussi en danger sur le plan administratif. Le club menace de déposer le bilan et doit licencier plusieurs joueurs pour pouvoir continuer le championnat. Les résultats sportifs sont catastrophiques et le maintien paraît impossible. Composé essentiellement de jeunes stagiaires épaulés par quelques anciens, le Stade de Reims accumule les défaites et termine à la dernière place avec seulement trois petites victoires à son actif.
Le club est certes condamné à la D2 mais sa disparition pure et dure n'est plus d'actualité.
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Source des informations : Site officiel du Stade de Reims
